Les rituels du coucher

Le coucher un moment si agréable mais qui peut être parfois si angoissant...


Avant d'entrer dans le vif du sujet, il me semble important de bien définir deux termes afin de mieux comprendre la suite. Il s'agit de "coucher" et de "rituel". Ces deux mots semblent bien simple de prime abord mais le sont ils réellement?


coucher: du latin collocare, mettre, poser, placer. Le sens général de placer a été réduit au sens particulier de mettre dans un lit ou dans une position analogue à celle qu'on a dans le lit. (horizontalement)

coucher du soleil:  Moment où le soleil descend et disparaît à l'horizon

J'ajoute la définition de coucher de soleil car cela me semble important pour la suite. Si on réfléchit un peu coucher s'est mettre en position horizontale. Le soleil lorsqu'il se couche disparaît. Le coucher est intimement lié a la disparition et à la mort. Le monde de la nuit est celui du noir, du silence. On comprend donc que se coucher c'est aussi la peur de disparaître a tout jamais, de mourir. L'enfant passe d'un monde où il joue, crie, rigole, à un monde, la nuit où il ne fait plus rien, d'ailleurs il ne contrôle plus rien. Le monde de la nuit fait peur, mais il fait peur aussi aux adultes, seul dans le noir en pleine forêt, cela peut nous faire peur. Mais pourquoi?
Ce monde de la nuit fait resurgir en nous nos plus profondes angoisses. La peur de l'inconnu, la peur de l'étrange, le peur de disparaître a tout jamais au plus profond des entrailles de la nuit.

Pour revenir aux enfants, la peur du noir trouve plusieurs origine. L'enfant a peur des monstres, des fantômes, du loup. Il ne sait pas encore réellement distinguer le réel de l'imaginaire. D'ailleurs son imagination débordante est encore plus exacerbée dans le noir. Il ne voit pas il imagine.
La nuit l'enfant est totalement désorienté, il perd ses repères, ne sait plus où il est et où il va. La nuit c'est aussi la peur de se retrouver seul a tout jamais. L'enfant voit disparaître son propre corps mais il voit aussi disparaître les adultes qui l'entourent. C'est donc a ce moment là que surgit l'angoisse de la séparation. L'enfant prend peu à peu conscience que la mère est une personne différente de lui, et s'angoisse donc à l'idée de la perdre. Je parle ici de la mère mais au sens de fonction. Le père, l'oncle peut jouer cette fonction maternelle. L'enfant a peur alors de perdre toute personne qui lui attache de l'importance, de l'affection ou de l'amour.

Nous allons maintenant définir le terme de "rituels" et dans une troisième partie nous verrons comment accompagner au mieux l'enfant lors du coucher afin de lui permettre la meilleure transition entre ces deux mondes indissociables.

Rituels: Cérémonies solennelles inscrites dans la vie sociale ou religieuse d'une collectivité, au cours desquelles les participants effectuent des pratiques réglées ou prononcent des discours prescrits par la tradition. De tout temps et dans toutes les civilisations, les rites ont ponctué la vie des hommes. Il s'agit de gestes caractéristiques, toujours effectués de la même manière et dans un ordre prédéterminé, qui marquent des périodes de la journée, de l'année ou de la vie.

On comprend alors que le rituel marque un passage, ici un passage vers l'endormissement.
Ce rituel permet alors de donner des repères à l'enfant, de l'accompagner et de le sécuriser.
Ce rituel devient alors indispensable pour l'enfant. Il est propre à chacun et doit donc être parfaitement adapté aux besoins de l'enfant. Au delà du côté rassurant force est de reconnaître que ce moment est un moment de partage, de plaisir ou de tendresse.
C'est un moment de bien être réciproque qui permet à l'enfant et à ses parents de partager un petit moment de plaisir ensemble.
Ce moment permet à l'enfant d'être calme et serein pour la nuit qui arrive. 

Avant de réussir à mettre en place un rituel adapté et sécurisant, il peut arriver que l'enfant cherche à en obtenir toujours plus. Un câlin supplémentaire, un bisous de plus et ce moment peut alors devenir insupportable pour l'enfant mais aussi pour ses parents. C'est alors que peuvent apparaître des cris, des pleurs ou des colère interminables. Tant que ce moment n'est pas clairement défini par l'adulte et clairement assimilé par l'enfant il ne jouera pas son rôle de rituel  sécurisant et agréable. 

Des exemples de rituels...


On pense spontanément aux rituels du couchers les plus répandus. Une petite histoire, une petite chanson douce, un petit jeu de société, le câlin, le bisou, ...
Tous ces moment peuvent être ritualisés et parfaitement adapté à l'enfant. Mais cela n'est pas toujours suffisant.

Accompagner l'enfant après le repas pour qu'il aille se laver les dents, puis lui laisser un moment de calme dans sa chambre peut faire partie d'un rituel adapté si l'enfant le réclame ou si l'on sent qu'il en a besoin.

Ritualiser le temps aussi par des mots ou par des dessins peut parfois être utile. On peut dans ce cas si on sent l'enfant anxieux lui rappeler tous les soirs:
"on va manger, puis maman ou papa t'accompagnera te laver les dents, puis on lira l'histoire, un câlin et dodo"
L'enfant le sait mais il a parfois besoin qu'on lui redise les choses tous les jours afin qu'il se sente rassuré.

Si les mots ne suffisent pas on peut dessiner avec lui, un petit imagier des différents moments avant le coucher. On colle ensuite ce dessin sur sa porte de chambre et on va le voir très régulièrement avec lui.

On peut aussi mettre une pancarte sur sa poignée de porte avec une lune et un soleil et tous les soirs on retourne pour faire apparaître la lune, avec lui. Cela peut paraître répétitif mais c'est dans la répétition que l'on rassure l'enfant. notre vie est faite d'un ensemble de rituels très répétitifs mais on en a besoin. (On se lève, on déjeune, on va travailler, on rentre, on mange, ....).

D'autres rituels sont possible, si l'enfant a peur du noir on peut aller avec lui brancher la petite veilleuse tous les soirs, ou aller entre ouvrir la porte des toilettes qu'on allume, ....

Mettre un poste cd avec une petite musique douce tous les soirs peut aussi un être ritualisé et permettre l'apaisement de l'enfant.

Le massage ou "les papouilles" peuvent aussi être ritualisés si l'enfant le demande et permettent dans certains cas un bon moyen d'apaisement.

Un autre exemple de rituel c'est de demander dans le lit tous les jours a l'enfant de vous raconter sa journée par exemple, ce moment devient alors à la fois très agréable pour l'enfant et très sécurisant. Il est alors rassuré, on lui accorde de l'intérêt on est soucieux de lui et de son bien être.

Prenez soin également de mettre sous la main de votre enfant tous les objets qu'il est susceptible de vous réclamer : doudou, verre d'eau, mouchoir,... N'oubliez pas non plus de répéter une habitude qui aidera votre enfant à s'endormir : dire bonsoir à toutes ses peluches, par exemple.


Je terminerais en disant que le rituel souvent indispensable au jeune enfant doit être vécu par les parents comme un moment de plaisir. Si l'adulte vit cela comme une corvée il est évident que l'enfant le ressentira. Enfin, pour que ce moment permette un passage vers le monde de la nuit, il doit être calme, apaisant et court. Cela ne sert à rien de faire un rituel de'une heure par soir. Un temps court mais adapté à l'âge je dirai entre 10 et 30 minutes. 


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